Scott H. Young, auteur d’Ultralearning, exprime son scepticisme face aux propositions radicales de révolutionner l’école, malgré son expertise en apprentissage. Bien qu’il reconnaisse que des améliorations sont possibles (comme l’enseignement systématique de la phonétique ou la gestion de la charge cognitive), il souligne que les méthodes intuitivement séduisantes – comme privilégier les projets concrets ou l’apprentissage par la découverte – échouent souvent en pratique. Il s’appuie sur des études et des expériences passées, comme Project Follow Through, qui montrent que les approches structurées et directes obtiennent de meilleurs résultats que les méthodes constructivistes.
Young cite des exemples concrets où ces alternatives ont échoué, notamment en éducation médicale, où l’apprentissage par problèmes a conduit à des performances inférieures. Il rappelle aussi que les méthodes les plus efficaces pour enseigner la lecture reposent sur des exercices systématiques de décodage, plutôt que sur des approches centrées sur la motivation. Pour lui, les compétences générales en résolution de problèmes ne s’acquièrent pas spontanément, mais nécessitent un enseignement explicite et structuré.
Enfin, il critique l’idée que l’école devrait imiter la vie réelle ou abandonner les méthodes traditionnelles comme la mémorisation. Bien que ces propositions paraissent logiques, les preuves empiriques montrent qu’elles nuisent souvent à l’efficacité de l’apprentissage. Young invite à reconsidérer ces intuitions en s’appuyant sur des données solides plutôt que sur des croyances populaires.
Ploum, enseignant à l'École Polytechnique de Louvain, partage sa méthode d'examen innovante pour son cours "Stratégies Open Source", adaptée à l'ère des chatbots. Il permet aux étudiants d'utiliser toutes les ressources, y compris Internet, et même les chatbots, à condition de respecter certaines règles strictes. La plupart des étudiants (57 sur 60) ont choisi de ne pas utiliser de chatbots, préférant faire leurs recherches de manière traditionnelle. Ploum explique que cette approche vise à aider les étudiants à mieux comprendre l'Open Source, tout en les responsabilisant sur l'utilisation des outils numériques.
Scott H Young explore dans cet article les implications de l'intelligence artificielle (IA) sur l'apprentissage et le travail futur. Il suggère que l'IA collaborera avec les humains, mais que les compétences d'apprentissage fondamentales restent similaires. Cependant, il met en garde contre une surutilisation de l'IA, qui pourrait nuire à l'acquisition de compétences profondes. Il illustre cela avec l'exemple des calculatrices, qui, bien qu'utiles, n'ont pas remplacé l'apprentissage des bases mathématiques, essentielles pour la compréhension quantitative.
Ploum met en lumière les dangers de l'incapacité à maintenir son attention (exemple du haut responsable américain qui invite un journaliste par erreur), les dangers de l'addiction aux réseaux sociaux pour les politiciens et les dangers de l'utilisation de ChatGPT pour masquer son incompétence en entretien d'embauche... alors que celle-ci sera nécessairement révélée dès les premiers jours du travail. Il appelle à une meilleure éducation pour éviter ces écueils et à soutenir la génération suivante, qui montre un désir d'apprendre et de s'engager.
Tout est dans le titre
Des réflexions intéressantes
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Un très beau texte de Cyrille Borne... J'ai envie de dire, comme souvent :)
Un article de fond sur l'éducation supérieure française