Louis Derrac aborde dans cet article la nécessité de repenser l’éducation au numérique pour éviter de simplement accompagner sa massification sans critique. Il souligne que l’enseignement actuel, souvent réduit à une simple adaptation aux outils numériques dominants (GAFAM, plateformes oligopolistiques), ignore les enjeux écologiques, sociaux et politiques de cette numérisation. Selon lui, éduquer au numérique implique de questionner ses impacts, ses infrastructures centralisées et ses effets aliénants, plutôt que de le présenter comme une fatalité.
L’auteur propose le concept de numérique acceptable, plus radical que le numérique responsable, car il reconnaît explicitement les coûts cachés du numérique (écologiques, sociaux) et refuse de le considérer comme neutre ou inévitable. Il défend une éducation technocritique, politique et émancipatrice, visant à former des citoyens capables de comprendre, critiquer et transformer ces outils plutôt que de les subir.
En pratique, Derrac oppose une approche consumériste et aliénante (comme l’enseignement des usages de Google) à une démarche contributrice et libératrice, encourageant des alternatives comme les moteurs de recherche éthiques ou la lutte contre le capitalisme de surveillance. Son objectif est de rendre l’éducation au numérique à la fois critique et constructive, en alignant ses méthodes sur les valeurs de soutenabilité et d’intérêt général.