Nicolas Martignole, Principal Engineer chez Back Market, partage son expérience d’un an à accompagner plus de 300 ingénieurs dans l’adoption de l’IA générative. Il souligne une transformation radicale du métier, passant d’un codage manuel à la supervision d’agents automatisés, comparant ce changement à l’abandon du franc pour l’euro. L’adoption de l’IA s’est généralisée, avec seulement 6 à 8 % de réfractaires, souvent pour des raisons éthiques ou écologiques, tandis que les juniors, sans posture à défendre, sont les plus enthousiastes.
L’expérience professionnelle influence fortement les réticences : les profils seniors, attachés à leur expertise technique, résistent davantage que les juniors. Un conflit interne a illustré cette tension, aboutissant au départ d’un senior ayant tenté de limiter l’accès à l’IA pour des juniors motivés. À l’inverse, Martignole observe que les personnes neuroatypiques, comme un collègue Asperger, progressent rapidement grâce à l’IA, qui facilite leur communication.
Enfin, il évoque les défis organisationnels, comme la gestion des quotas d’utilisation pour éviter l’épuisement, illustrant les ajustements nécessaires face à cette révolution technologique. Son témoignage met en lumière à la fois les opportunités et les résistances liées à l’intégration de l’IA dans les pratiques professionnelles.