L’article The Intent Debt d’Addy Osmani explore trois types de dettes techniques dans le développement logiciel : technique, cognitive et intentionnelle. La dette intentionnelle, distincte des deux autres, désigne l’absence de documentation claire des objectifs, contraintes et justifications derrière un système, ce qui rend son évolution difficile à comprendre pour les nouveaux membres ou les outils automatisés. Contrairement à la dette technique (liée au code) ou cognitive (liée à la compréhension humaine), la dette intentionnelle ne peut être résolue par des agents IA, car elle repose sur des décisions humaines non formalisées.
L’auteur souligne que ces dettes sont indépendantes : un code propre peut cacher une dette intentionnelle élevée si son contexte n’est pas documenté. Les agents IA peuvent aider à réduire la dette technique ou cognitive (en expliquant du code), mais ils ne peuvent pas restituer une intention non écrite, risquant même d’inventer des justifications plausibles mais erronées. Cette limite devient critique avec l’automatisation croissante, car les équipes ne peuvent plus compter sur la transmission orale des connaissances pour combler ce vide.
Enfin, Osmani met en garde contre l’aggravation de la dette intentionnelle avec l’essor des outils automatisés. Historiquement, les équipes compensaient ce manque par des échanges informels, mais cette approche devient insoutenable à l’ère de l’IA, où la documentation explicite des intentions devient indispensable pour éviter des dérives coûteuses et difficiles à corriger.