La distinction entre les "sub-agents" et le "Master Control Panel" (MCP) est cruciale pour l'architecture des systèmes d'IA. Historiquement, la confusion a conduit à mélanger la fonction de raisonnement ("qui pense") et celle d'exécution ("qui agit"), entraînant des problèmes de gouvernance, de traçabilité et de permissions.
Un sub-agent est conçu pour un rôle cognitif spécialisé, recevant un prompt, un périmètre et des règles pour produire une sortie structurée et utile. Il se concentre sur la pensée critique et la formulation. À l'inverse, un serveur MCP est une infrastructure dont le rôle est d'exécuter des actions de manière contrôlée, en exposant des capacités et des données avec des contrats clairs et une traçabilité.
Cette séparation est particulièrement pertinente lors de la gestion d'incidents. Dans un modèle bien conçu, un orchestrateur délègue des tâches à des sub-agents spécialisés (diagnostic, mitigation), qui formulent des hypothèses et proposent des actions. L'exécution réelle de ces actions est ensuite gérée par les serveurs MCP appropriés, laissant une trace écrite et permettant de comprendre précisément qui a décidé quoi et pourquoi.
L’auteur explique avoir réduit le nombre d’agents IA qu’il utilise simultanément après avoir constaté que cette pratique créait une surcharge décisionnelle. Malgré une méthode de travail structurée (spécifications, tests d’acceptation), il a progressivement lancé plusieurs agents en parallèle, se retrouvant submergé par leurs questions et incapable de prioriser efficacement.
Il illustre ce problème avec la théorie des contraintes, soulignant que multiplier les tâches en amont d’un goulot d’étranglement (ici, sa capacité à arbitrer) ne fait qu’accumuler du stock invisible (branches ouvertes, PR en attente) sans améliorer la productivité. La fatigue décisionnelle qui en résulte affecte la qualité du travail, notamment la relecture de code généré par IA.
L’auteur conclut que cette dérive, bien que non imposée, révèle un défaut de gestion des priorités, aggravé par l’illusion de productivité offerte par les agents. Il compare cette situation à l’effet contre-productif d’ajouter des développeurs à un projet déjà en retard.