L’article critique l’opposition systématique entre écologie et souveraineté numérique, en comparant cette tendance à l’erreur stratégique passée de la sortie du nucléaire en Europe. L’auteur souligne que refuser les datacenters en France, par exemple, ne réduit pas la demande globale en calcul, mais déplace simplement cette consommation vers des régions où l’énergie est plus carbonée et moins régulée, aggravant ainsi l’impact écologique.
Bien que la croissance du numérique pose des défis environnementaux majeurs, avec une empreinte carbone en hausse (passée de 2,5 % à 4,4 % en France), l’auteur nuance son propos en rappelant les bénéfices potentiels de l’IA et du numérique pour optimiser les énergies renouvelables, la médecine ou la logistique. Il met en garde contre une opposition simpliste qui ignorerait ces avantages, tout en reconnaissant les risques liés à l’industrie des datacenters, comme la dépendance aux énergies fossiles ou l’épuisement des ressources minières.
L’auteur plaide pour une approche équilibrée, combinant sobriété numérique et maîtrise des infrastructures critiques, afin d’éviter de reproduire les erreurs du passé et de préserver à la fois la transition écologique et la souveraineté technologique.
L’article aborde les défis concrets de la souveraineté numérique en Europe, illustrés par l’expérience d’un développeur cherchant à éviter les services américains. Malgré l’utilisation d’infrastructures européennes (Hetzner, Scaleway, Bunny.net), des dépendances critiques comme Let’s Encrypt (bloqué en Iran et Russie) ou Stripe (paiements) persistent, souvent par manque d’alternatives équivalentes. Les compromis économiques, notamment pour les services comme les emails transactionnels ou marketing, révèlent un écart de coût significatif entre les solutions européennes (0,25 €/1 000 emails chez Scaleway) et américaines (jusqu’à 0,10 €), rendant la transition difficile sans sacrifier la rentabilité.
L’auteur souligne l’absence d’alternatives européennes performantes pour des services essentiels, comme les solutions de paiement ou les plateformes d’emails marketing, malgré l’émergence de nouveaux acteurs (Creem.io, Paddle, Mollie). Le choix de renoncer à la souveraineté pour des raisons économiques est évoqué comme une réalité immédiate, bien qu’une solution à long terme (comme la création d’un opérateur email open source) soit envisagée. L’article met en lumière les limites actuelles des infrastructures européennes face à la domination des acteurs américains, même dans une démarche volontariste.