L’auteur critique l’usage des chatbots, qu’il compare à une forme d’onanisme intellectuel ou de Guitar Hero créatif : amusant mais stérile, car il ne développe aucune compétence réelle. Il souligne que les utilisateurs, même en ayant la réponse sous les yeux, échouent à la restituer, illustrant l’absence d’apprentissage. L’analogie avec un plaisir solitaire et peu partageable renforce son rejet de cette pratique, qu’il juge à la fois inefficace et dénuée de valeur ajoutée.
Ploum admet avoir lui-même cédé à la tentation, en testant un chatbot pour générer des images, mais souligne l’absurdité de l’exercice : l’outil produit des résultats superficiels, comme une musculature exagérée imposée à un personnage, révélant ses biais. Il insiste sur le paradoxe où l’IA, présentée comme un gain de temps, exige en réalité un investissement disproportionné pour un résultat médiocre, à l’image d’un jardinier trop coûteux pour une petite pelouse.
Enfin, il généralise cette critique aux dynamiques managériales ou parentales, où déléguer une tâche simple à un "expert" (humain ou machine) s’avère contre-productif. Son ton mêle ironie et sérieux, dénonçant une mode technologique qui sacrifie l’effort personnel au profit d’une illusion de facilité, sans réel bénéfice durable.
Ploum, enseignant à l'École Polytechnique de Louvain, partage sa méthode d'examen innovante pour son cours "Stratégies Open Source", adaptée à l'ère des chatbots. Il permet aux étudiants d'utiliser toutes les ressources, y compris Internet, et même les chatbots, à condition de respecter certaines règles strictes. La plupart des étudiants (57 sur 60) ont choisi de ne pas utiliser de chatbots, préférant faire leurs recherches de manière traditionnelle. Ploum explique que cette approche vise à aider les étudiants à mieux comprendre l'Open Source, tout en les responsabilisant sur l'utilisation des outils numériques.
Encore un texte passionnant de Ploum qui fait réfléchir (et sourcé, toutes les sources lui permettant d'alimenter sa réflexion).
L'espionnage de masse est bien pire que ce que l'on imagine mais l'Europe protège un tout petit peu ses citoyens.
On est saturés d'indignation sans rien faire mais il y a quelques actions très concrètes (comme supprimer Whatsapp) : il faut accepter la difficulté, l'inconfort et le fait que ces actions ne seront jamais reconnues ou applaudies.
La merdification est à l'oeuvre de partout, même sur des applications qui paraissaient sûres puisque les fondateurs s'y étaient engagés... jusqu'à l'arrivée d'un gros chèque. Seul le logiciel libre peut lutter, à condition de ne pas chercher l'ajout de fonctionnalités superflues.
Ploum nous encourage aussi à ralentir et prendre du recul (cf son dernier échange avec Chris Brannons)
Enfin il nous encourage aussi à faire du vélo, comme symbole d'indépendance et de liberté.