eBPF s'est imposé comme une technologie d'infrastructure clé dans les environnements cloud-native, passant d'une fonctionnalité noyau "exotique" à un composant essentiel. Les données de la CNCF Cloud Native Survey 2026 indiquent que 67 % des équipes Kubernetes utilisent déjà des outils basés sur eBPF, et Cilium, un projet eBPF majeur, est devenu le plugin réseau standard pour les principaux services Kubernetes managés (GKE, EKS, AKS).
eBPF (Extended Berkeley Packet Filter) permet l'exécution sécurisée de programmes dans le noyau Linux, sans nécessiter de modules noyau ou de modifications du code source. La sécurité est assurée par un vérificateur noyau qui valide chaque programme avant son exécution, garantissant l'absence de crashs ou de boucles infinies. La communication entre ces programmes et les outils en espace utilisateur se fait via des structures de mémoire partagée appelées "BPF maps", permettant une observation et un contrôle du noyau avec une surcharge quasi nulle.
Cilium, en tant que cas d'usage eBPF le plus connu, remplace le kube-proxy par un traitement de paquets basé sur eBPF, offrant des performances significativement accrues par rapport à iptables, notamment pour la gestion de milliers de services. Au-delà de la redirection de paquets, Cilium propose Hubble pour l'observabilité réseau en temps réel, ainsi que CiliumNetworkPolicy pour des politiques réseau avancées au niveau de la couche 7. De plus, Cilium 1.19 introduit le support natif de mTLS sans conteneurs sidecar, réduisant drastiquement l'utilisation de la mémoire grâce à des programmes eBPF par nœud plutôt que par pod.