Les livres fonctionnent comme des signaux sociaux et politiques, et certains titres — en particulier Mein Kampf ou The Turner Diaries — ne sont pas de simples œuvres controversées mais des marqueurs explicites d’adhésion idéologique, utilisés pour tester la tolérance d’un milieu. En s’appuyant sur le paradoxe de la tolérance de Karl Popper, l’auteur soutient que tolérer ces signifiants dans l’espace social permet aux idéologies violentes de s’implanter progressivement, car l’absence de rejet pousse les personnes ciblées à partir et laisse le champ libre aux extrémistes. À l’inverse, d’autres œuvres problématiques peuvent être évoquées si leur contexte est reconnu, mais les textes fondateurs du nazisme relèvent exclusivement du champ académique, leur banalisation menant inévitablement à des espaces dominés par l’intolérance, à l’image d’un « bar nazi ».
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