Cory Doctorow, militant de l’Electronic Frontier Foundation (EFF) depuis 25 ans, analyse dans une récente conférence la dégradation progressive d’Internet sous l’influence des géants technologiques et des régulations étasuniennes, qu’il qualifie de « guerre de l’informatique grand public ». Malgré des victoires juridiques comme l’annulation du Broadcast Flag en 2003, il constate que les libertés numériques reculent face à la « merdification » d’un réseau de plus en plus contrôlé par des acteurs privés et des politiques restrictives.
Sa conférence au 39e Chaos Communication Congress (39C3) à Hambourg, traduite par Framalang, marque un tournant selon lui : l’émergence d’un « Internet post-étasunien », moins dépendant des États-Unis, pourrait enfin concilier innovation et autonomie technologique. Doctorow souligne que cette évolution, bien que timide, est en partie accélérée par des dynamiques géopolitiques imprévues, comme les tensions sous l’ère Trump, qui ont poussé d’autres pays à repenser leur souveraineté numérique.
Framasoft, qui diffuse cette traduction, rappelle son engagement historique dans la défense des droits numériques, notamment via la traduction des travaux de Doctorow depuis plus de 15 ans. L’article met en lumière l’espoir d’un Internet plus ouvert, où les utilisateurs retrouveraient un contrôle accru sur leurs outils technologiques, tout en soulignant les défis persistants pour y parvenir.
Ploum dénonce la "merdification" de YouTube, marquée par des publicités intrusives, des popups et des contenus inappropriés, et plaide pour une souveraineté numérique. Il critique la dépendance aux monopoles américains et encourage à utiliser des alternatives comme PeerTube pour partager des vidéos. L'auteur souligne l'importance pour les gouvernements européens de montrer l'exemple en matière de souveraineté technologique.
L'article explore les stratégies pour développer des plateformes pérennes, en se basant sur l'exemple de Writizzy. Il met en avant l'importance de la réversibilité, en permettant aux utilisateurs d'exporter facilement leurs données et d'utiliser leur propre nom de domaine. L'auteur souligne aussi l'importance de prévenir la "merdification", c'est-à-dire l'évolution négative des produits due aux pressions économiques et internes. Il propose de construire uniquement ce qui est nécessaire et d'évoluer de manière mesurée, sans recourir à des investisseurs externes. L'interopérabilité et la décentralisation sont également évoquées comme des solutions pour assurer la durabilité des contenus.
Violent mais si vrai