L’article de Maxence Maireaux analyse le retour du mythe du 10x engineer avec l’essor de l’IA, illustré par une thèse récente selon laquelle l’IA polariserait le métier de développeur. Les ingénieurs les plus compétents, capables de superviser et valider le travail des agents IA, deviendraient indispensables, tandis que les profils moyens seraient marginalisés. Les données, comme celles du rapport DORA 2024 ou des études METR, montrent cependant que l’IA peut aussi réduire la stabilité des livraisons et creuser l’écart entre productivité perçue et réelle, comme en témoignent des cas concrets de code généré sans vérification approfondie.
L’auteur reconnaît la pertinence du diagnostic sur les risques de la confiance aveugle dans l’IA, qui accélère l’accumulation de dette technique et la perte de connaissance des systèmes. Cependant, il critique la conclusion économique qui en découle, comparant ce raisonnement au mythe du 10x engineer, popularisé par une étude contestable des années 1960 et aujourd’hui relancé par l’IA. Ce mythe, qui glorifie les "stars" individuelles, ignore les leçons des recherches en psychologie organisationnelle, comme celles de Google, qui soulignent l’importance de la sécurité psychologique et du travail d’équipe plutôt que du talent isolé.
En conclusion, l’article met en garde contre la résurgence de cette croyance simpliste, rappelant que l’efficacité collective repose davantage sur des dynamiques collaboratives que sur des individus exceptionnels. L’IA, loin de justifier une segmentation extrême du métier, devrait plutôt inciter à repenser les méthodes de travail pour éviter les pièges de la productivité illusoire et de la dépendance technologique.