Le lien entre pesticides et cancers est un sujet complexe, souvent abordé de manière simpliste, où une association statistique est rapidement interprétée comme une causalité directe. Cette simplification médiatique occulte la nuance scientifique essentielle entre danger, exposition et risque réel.
Le rapport d'expertise collective de l'Inserm, actualisé en 2021, établit une présomption forte de lien entre l'exposition professionnelle à certains pesticides et plusieurs pathologies, dont des lymphomes, le myélome multiple et le cancer de la prostate. Des présomptions moyennes existent également pour d'autres cancers. Ces conclusions soulignent l'existence de signaux d'alerte, particulièrement dans des contextes d'exposition professionnelle ancienne et non protégée, mais ne généralisent pas à toutes les substances, tous les cancers, ou toutes les populations.
Les études sur l'exposition pendant la grossesse ou l'enfance révèlent une présomption forte de lien entre l'exposition aux pesticides de la mère ou de l'enfant et certains cancers infantiles, notamment les leucémies et les tumeurs du système nerveux central. De plus, des liens sont établis entre l'exposition professionnelle ou environnementale durant la grossesse et des troubles du développement neuropsychologique et moteur chez l'enfant, avec des familles chimiques de pesticides comme les organophosphorés et les pyréthrinoïdes impliquées.