L’Italie a infligé une amende record à Cloudflare pour ne pas avoir bloqué des sites pirates via ses serveurs DNS, déclenchant un débat sur la neutralité du réseau et la souveraineté numérique. Cloudflare, qui gère 200 milliards de requêtes quotidiennes, argue que filtrer ces sites ralentirait l’internet mondial et ouvre la porte à une fragmentation du web, tout en reconnaissant qu’il le fait déjà pour son DNS "famille". L’Italie et la France privilégient des blocages administratifs rapides (30 minutes sans juge), tandis que l’Allemagne rejette cette approche au nom de la disproportion. Les alternatives existent (registrars, FAI, déréférencement, blocage IP), mais aucune n’est parfaite. Le CEO de Cloudflare, Matthew Prince, menace de rétorsions (coupure des services gratuits en Italie, retrait des serveurs), tout en invoquant le free speech — un argument critiquable, vu les censures passées de l’entreprise et l’hypocrisie des géants tech américains. Le vrai enjeu ? Notre dépendance à des infrastructures contrôlées par des acteurs privés aux agendas politiques, face à des États européens tentés par des mesures administratives expéditives. Aucun camp n’est exemplaire : ni les régulateurs, ni les géants du net. La question reste : qui doit décider ce qui est acceptable en ligne, et selon quelles règles ?
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